DARK

DARK

Il n’a jamais eu l’idée de dormir sur le toit de sa niche, jamais eu de discussion philosophique avec Charlie Brown, ni même de petit oiseau jaune constamment à ses côtés. Pourtant, c’est bien du chien créé par Charles Schultz qu’il tire son pseudo.

Dark. Comme le pendant maléfique du beagle blanc et noir. Sa face sombre.

Celle qui s’est d’abord exprimée par le graffiti, quand il était au lycée, sous l’influence d’un voisin de classe qui repeint ses cahiers de blocs de lettres en couleurs, il s’intoxique de vapeurs de feutres jusqu’à se prendre lui aussi au jeu. Feuilles volantes puis murs et expéditions nocturnes urbaines, en détail ou en personnage central des débats graphiques, le chien est à chaque fois de la partie. Dark devient officiellement son pseudo, et même sa signature.

Un pseudo qui fait un passage éclair dans des études de droit pour vite réorienter ses crayons vers le design et le graphisme. Un cursus fait de tunnels pas toujours captivants mais au bout d’un desquels se trouvait une lumière : la calligraphie. Cet art ancestral de dessiner les lettres, Dark l’apprend en même temps qu’il apprend à manier les différentes plumes, encres et peintures. A jouer avec leur fluidité pour pratiquer la gothique, l’anglaise ou l’oncial. 

Les lettres et leurs tracés deviennent son obsession et prennent la place du graffiti dans ses sorties illégales. Bombes, pinceaux, markers, elles s’exposent de toutes les manières sur les murs Parisiens. Des lettres que même le plus expert ne pourra jamais déchiffrer : plutôt que de les styliser à outrance, Dark a préféré développer sa propre calligraphie. Son propre alphabet, résultat d’un mélange extrême de tous les types d’écritures qu’il a étudiés, pratiqués et découverts de lui-même. Empruntant rondeur, angles, dynamisme ou grandiose pour les fusionner dans son langage particulier.

Un langage en évolution permanente, fait de calligraphies abstraites qui dans leurs formes suscitent autant d’émotions que si elles avaient réellement un sens. Toiles, murs, happening, ou numérique, il s’exprime toujours dans un composite de réflexion et de spontanéité. Car, si Dark a tracé dans son esprit le croquis général de son œuvre, la partie calligraphiée se décide avec l’inspiration et l’humeur du moment.

Comme sous l’action d’une écriture automatique, les formes se remplissent alors de ces lettres chimériques qu’on jurerait parfois familières. Dans un code couleur où le blanc reste la couleur favorite, ces explorations des nuances et des dégradés, chacun aura sa propre interprétation et la sensation de réellement pouvoir y lire des mots. D’y décrypter des idées voire des slogans suggérés.

A moins que Dark y ait réellement glissé de vraies bribes d’alphabet…

 


Acheter les oeuvres d'art de Dark :